Ouvriers d’hier et d’aujourd’hui

Ouvriers d’hier et d’aujourd’hui

La suite de l’exploration de mon monde ch’ti. L’ouvrier, les ouvriers, mythifiés, tellement qu’on a fini par les oublier. On les redécouvre, invisibles, Mais on les croit toujours homogènes, ce qu’ils n’ont jamais été. Belle icono, belle maquette, merci Thomas.

224 pages, livre illustré, Gründ, sorti le octobre 2010.

Plus de poisson à la criée

Plus de poisson à la criée

Bon, d’accord, je suis le troisième de l’année, sorti bon dernier. Et le lecteur qui aura déjà mis 20 euros pour les confrères ne risque pas d’en remettre pour ma pomme. Mais qui sait ? Voudra-t-il peut-être, le gentil lecteur, en cette période de rentrée qui n’a jamais été favorable au pouvoir d’achat, surtout après des JO, du foot et du vélo qui l’ont obligé à acquérir un écran plat géant afin de mieux déceler les traces de piqûres sur les cuisses des dopés, voudra-t-il donc, l’heureux livrophile, un style fort peu caressant pour la gent pêcheuse qui fait rien que vider nos mers et nos océans ? Voudra-t-il savoir pourquoi la fuite en avant, promue par certains (la pêche est un monde d’hommes), nous conduit à une mer peuplée de bâtons de surimi ? Voudra-t-il comprendre en quoi la morue, le thon rouge et l’anchois sont les symboles de nos choix de société aberrants et de notre schizophrénie ? Oui ! Car j’y vais non mollement sur les “solutions” : réseaux de réserves marines, élevages d’herbivores ou offshore et… privatisation des quotas de pêche. C’est en marche, mais on ne le dit pas assez : les fidèles zélateurs de l’économie néolibérale, ont, avec la pêche, l’exemple qui leur manquait, illustrant la théorie de la tragédie des vaines pâtures : la mer se vide, parce qu’elle n’appartient à personne et que le poisson appartient à celui qui l’attrape. “Mieux” gérer la pêche, c’est donc privatiser le poisson. Cruelle révolution philosophique déjà entreprise en Islande et dont on cause au Ministère.

224 pages, essai, Delachaux & Niestlé, sorti le 2 octobre 2008.

Apocalypse à St Pierre

Apocalypse à St Pierre

On travaille sur des sujets écologiquement déprimants, on en n’est pas moins homme. J’ai ma lubie, voilà : Saint-Pierre de la Martinique et sa destruction complète en 1902. En quatre-vingt dix secondes, toute une société qui s’effondre, et qui continue, d’une certaine façon. C’est Claude Rives qui, à la recherche d’un auteur pour faire parler ses images du lieu, me “vendit” auprès de Glénat pour un premier livre sur ce sujet que je ne connaissais pas (Les épaves du volcan, voir en bas de cette page). Sur place, je tombais au sens propre amoureux de Saint-Pierre. Au point d’y revenir pour Géo, National Geographic et Larousse. Ce texte est le plus abouti que j’aie écrit sur la catastrophe. Unité de lieu, de temps, de personnes : ce qui s’est passé tient du théâtre. L’écrire comme un roman sans tomber dans le romanesque a été une vraie gageure (merci Mathilde Majorel, mon éditrice ; merci Claude Quétel, historien directeur de la collection d’avoir confié l’affaire à un non-historien !).

288 pages, récit historique, Larousse, coll. L’histoire comme un roman, 3 octobre 2007. Réédité par France Loisirs en 2009

Les gueules noires

Les gueules noires

Encore une lubie ? Non, une opportunité. Celle de me confronter à l’un des deux mythes fondateurs de la conscience Ch’ti (l’autre, c’est la première guerre mondiale, avis aux éditeurs intéressés). La mine est un mythe, le mineur est une icône. On lui a acheté ce brevet contre la disparition de son travail au lendemain de la seconde guerre mondiale. Et quel boulot ! Tellement dur que pour s’en accommoder il fallut bien en développer une fierté, forgée par la virilité, la brutalité et l’esprit de corps. Les mineurs, c’était une humanité à part, celle du fond, qui ne se reconnaissait pas dans celle de la surface. D’où la déchirure que ressentent toujours les mineurs quand on leur demande d’évoquer leur passé ouvrier… Belle maquette de Thomas Brisebarre.

224 pages, livre illustré, De Borée, 2 octobre 2007.

La nature, combien ça coûte?

La nature, combien ça coûte?

Sujet ardu (je ne connaissais rien avant à l’économie !), commencé il y a six ans dans Géo par un dossier sur l’ivoire, terminé cette année grâce à Philippe Dubois, patron de Delachaux, qui en a compris l’intérêt. À l’heure du Grenelle, pourquoi la nature a-t-elle autant souffert de nous ? Parce qu’elle ne vaut rien en termes économiques. Faut-il alors lui donner un prix pour qu’on y fasse attention ? Sans doute, c’est en tout cas vers cela que l’on va. Assureurs, financiers, ONG, entreprises mettent un peu de vert dans leurs comptes d’exploitation et leurs catalogues. Ce faisant, certains remettent en cause le dogme économique contemporain, tandis que d’autres le consolident. Sans s’en rendre compte, leurs approches nourrissent un réel débat philosophique sur notre rapport à la nature (je suis sûrement plus clair en vidéo, ou en interview). Nombreux passages radios, chez l’ami Denis Cheissoux par exemple (CO2 mon amour, France Inter).

250 pages, enquête, Delachaux & Niestlé, sorti le 27 septembre 2007.