L’assiette est dans le pré

L’assiette est dans le pré

Enfin mon premier livre graphique… depuis le temps que je l’attendais… et Stéphanie Zweifel, mon éditrice, m’a trouvé un fabuleux dessinateur, Gilles Macagno. Qui résume en un coup de crayon le contenu de quelques feuillets.
Le 5 octobre de la deux mille et dix-septième année de l’ère chrétienne sortira mon premier livre graphique, et c’est un événement d’une ampleur nord-coréenne. Avec Gilles Macagno au dessin, je raconte l’agriculture d’aujourd’hui et de demain par le biais de la bouffe. Ce que nous mettons dans notre assiette est un acte social. Un choix de société. Un type d’aménagement du territoire. Bien manger, c’est faire le choix d’une agriculture aussi transparente que possible, conduite par des paysans suffisamment bien rémunérés. Manger de la merde, c’est accélérer le plus grand plan social de notre histoire, celui de la fin, terrifiante, de notre agriculture. Bien manger fait mieux vivre les paysans qui font mieux vivre nos écosystèmes. Pour vous donner faim, voici quelques doubles. Vous en aurez d’autres le 4 octobre…

128 pages, livre graphique, Delachaux & Niestlé, sorti le 5 octobre 2017. Extrait

Plus de poisson à la criée

Plus de poisson à la criée

Bon, d’accord, je suis le troisième de l’année, sorti bon dernier. Et le lecteur qui aura déjà mis 20 euros pour les confrères ne risque pas d’en remettre pour ma pomme. Mais qui sait ? Voudra-t-il peut-être, le gentil lecteur, en cette période de rentrée qui n’a jamais été favorable au pouvoir d’achat, surtout après des JO, du foot et du vélo qui l’ont obligé à acquérir un écran plat géant afin de mieux déceler les traces de piqûres sur les cuisses des dopés, voudra-t-il donc, l’heureux livrophile, un style fort peu caressant pour la gent pêcheuse qui fait rien que vider nos mers et nos océans ? Voudra-t-il savoir pourquoi la fuite en avant, promue par certains (la pêche est un monde d’hommes), nous conduit à une mer peuplée de bâtons de surimi ? Voudra-t-il comprendre en quoi la morue, le thon rouge et l’anchois sont les symboles de nos choix de société aberrants et de notre schizophrénie ? Oui ! Car j’y vais non mollement sur les “solutions” : réseaux de réserves marines, élevages d’herbivores ou offshore et… privatisation des quotas de pêche. C’est en marche, mais on ne le dit pas assez : les fidèles zélateurs de l’économie néolibérale, ont, avec la pêche, l’exemple qui leur manquait, illustrant la théorie de la tragédie des vaines pâtures : la mer se vide, parce qu’elle n’appartient à personne et que le poisson appartient à celui qui l’attrape. “Mieux” gérer la pêche, c’est donc privatiser le poisson. Cruelle révolution philosophique déjà entreprise en Islande et dont on cause au Ministère.

224 pages, essai, Delachaux & Niestlé, sorti le 2 octobre 2008.

La nature, combien ça coûte?

La nature, combien ça coûte?

Sujet ardu (je ne connaissais rien avant à l’économie !), commencé il y a six ans dans Géo par un dossier sur l’ivoire, terminé cette année grâce à Philippe Dubois, patron de Delachaux, qui en a compris l’intérêt. À l’heure du Grenelle, pourquoi la nature a-t-elle autant souffert de nous ? Parce qu’elle ne vaut rien en termes économiques. Faut-il alors lui donner un prix pour qu’on y fasse attention ? Sans doute, c’est en tout cas vers cela que l’on va. Assureurs, financiers, ONG, entreprises mettent un peu de vert dans leurs comptes d’exploitation et leurs catalogues. Ce faisant, certains remettent en cause le dogme économique contemporain, tandis que d’autres le consolident. Sans s’en rendre compte, leurs approches nourrissent un réel débat philosophique sur notre rapport à la nature (je suis sûrement plus clair en vidéo, ou en interview). Nombreux passages radios, chez l’ami Denis Cheissoux par exemple (CO2 mon amour, France Inter).

250 pages, enquête, Delachaux & Niestlé, sorti le 27 septembre 2007.

Les voyages du sel

Les voyages du sel

Quel beau sujet ! Le sel, c’est avec l’or et le pétrole, le sucre et le maïs, l’une des facteurs de civilisation de notre histoire. Une formidable aventure humaine qui a démarré au paléolithique. Le sel a fait les États, les princes, les richesses. Il a décidé de la construction de routes et de l’établissement d’impôts. Il a suscité des guerres et des migrations. Il suffit de se pencher pour le trouver et pourtant, il a souvent valu plus que l’or. Selon son dosage, il prolonge la vie, ou hâte la mort : le sel est divin. Un beau sujet, vraiment, réalisé par Thomas Brisebarre. Et un beau passage chez Patrice Gélinet, la voix de 2000 ans d’histoire (France Inter) : écrire permet parfois de rencontrer des gens pour qui on a tout de même de l’admiration.

192 pages, livre illustré, Éditions Kubik, octobre 2006.