Alors, ça roule ?

Alors, ça roule ?

Un petit livre illustré par RED! sur les idées à la con qu’on peut avoir sur les transports. Allez, hop, un extrait… «  C’est comme ça, on ne peut rien contre le stationnement en double file !? – Cela a été étudié en Île-de-France, mais il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement ailleurs : le stationnement en double file est l’une des principales causes de retard des bus, obligés de ralentir pour contourner ces obstacles intempestifs. La double file, c’est aussi l’ennemi de l’automobiliste, qui l’oblige à ralentir, à prendre des risques pour déboîter, et à râler. C’est aussi son ami lorsqu’il a – comme toujours – une bonne raison de s’y adonner : porter un chèque à la banque, acheter une baguette, saluer un copain… On n’en a jamais pour longtemps. Moyennant quoi la fluidité de la circulation en ville est altérée. L’agglomération de Nice a constaté une hausse des émissions d’oxyde d’azote, de particules fines et de benzène dans les quartiers les plus concernés par le stationnement en double file. Cette hausse peut aller de 3 à 36 % quand même ! Mais voilà, se garer en double  le n’entraîne qu’une toute petite amende, de l’ordre de 22 €…

128 pages, livre illustré, Delachaux & Niestlé, sorti le 5 septembre 2019.

No plastique !

No plastique !

J’ai juste fait la préface de ce joli livre plein de bons conseils ni terrifiants ni gnangnan. Un livre anglais, dont je ne connais pas les auteurs !

144 pages, pratique, Le Livre de Poche, sorti le 9 mai 2019.

L’assiette est dans le pré

L’assiette est dans le pré

Enfin mon premier livre graphique… depuis le temps que je l’attendais… et Stéphanie Zweifel, mon éditrice, m’a trouvé un fabuleux dessinateur, Gilles Macagno. Qui résume en un coup de crayon le contenu de quelques feuillets.
Le 5 octobre de la deux mille et dix-septième année de l’ère chrétienne sortira mon premier livre graphique, et c’est un événement d’une ampleur nord-coréenne. Avec Gilles Macagno au dessin, je raconte l’agriculture d’aujourd’hui et de demain par le biais de la bouffe. Ce que nous mettons dans notre assiette est un acte social. Un choix de société. Un type d’aménagement du territoire. Bien manger, c’est faire le choix d’une agriculture aussi transparente que possible, conduite par des paysans suffisamment bien rémunérés. Manger de la merde, c’est accélérer le plus grand plan social de notre histoire, celui de la fin, terrifiante, de notre agriculture. Bien manger fait mieux vivre les paysans qui font mieux vivre nos écosystèmes. Pour vous donner faim, voici quelques doubles. Vous en aurez d’autres le 4 octobre…

128 pages, livre graphique, Delachaux & Niestlé, sorti le 5 octobre 2017. Extrait

Y’a plus de saisons!

Y’a plus de saisons!

À force d’écrire et de causer, on finit par se lasser de répéter les mêmes choses, surtout quand on voit ses confrères et consœurs, censés faire de la bonne vulgarisation, raconter des conneries, manier les moulins à prière, enfiler des perles et répéter les poncifs. Et puis, à force de les fréquenter, les écolos de salon ont fini par me sortir par les trous de nez. Alors, en accord avec Sainte Charlotte Jacobsen, éditrice miraculeuse de son état, j’ai commis ce charmant petit livre conçu pour être parcouru dans les transports publics et les toilettes privées. Illustré par Roland Garrigue qui, manifestement, s’est bien amusé. Voilà. Vous avez maintenant entre les mains un livre qui fera très bien pour fabriquer des quiz ou tenter d’occuper les enfants dans la voiture. Mô non, la voiture, vous prenez le train !

138 pages, livre illustré, Delachaux & Niestlé, sorti le 21 mai 2015. Extrait

Les colères du temps

Les colères du temps

(préface d’Emmanuel Le Roy Ladurie)

Notre imaginaire (climatique)…

Ou plutôt, sur notre imaginaire collectif forgé par le climat. Et ce, depuis Gilgamesh qui a inspiré les grands récits de catastrophes des religions du Livre. Entre les légendes de cette incarnation de la civilisation néolithique et les blockbusters d’aujourd’hui, il y a une continuité que l’on lit et l’on regarde dans les livres saints, les témoignages de bourgeois, les livres d’Heures, les écrits de curés, les gravures, les enluminures, les ex-voto, la peinture, la poésie, les romans, les livres d’histoire, l’affiche…

Le vent et la tempête ont constamment inspiré les poètes. L’eau qui déborde a de tout temps fait peur, parce que c’est elle qui détruit : on la retrouve en priorité dans les témoignages. Comme l’hiver, le gel, le froid, l’effroi d’une nature figée. Les œuvres et les témoignages nous montrent que chaque catastrophe naturelle, dès lors qu’elle a trop tué, trop détruit, a nécessité une intervention du pouvoir pour canaliser la terreur afin de l’empêcher de détruire l’ordre établi. C’est alors qu’on cherchait une réponse, dans une faute des hommes commise contre Dieu, ou bien dans la présence d’impies. Le pouvoir civil faisait alors organiser des manifestations de dévotion par le pouvoir ecclésiastique, qui se prolongeaient par des rites expiatoires, l’érection de quelques statues et, bien entendu le massacre des habituels boucs émissaires, Juifs, saltimbanques et femmes par trop indépendantes (les sorcières). Les cycles du temps, qui rappelaient ceux des femmes, étaient régulièrement mis sur le compte de celles-ci dès lors qu’ils brisaient un moment l’ordre bien droit des hommes.

… est toujours borné par la Fin du Monde…

Une même eschatologie nous guide aujourd’hui face au changement climatique. La catastrophe est inévitable, alors il nous faut faire des petits gestes de pénitence afin d’attendre plus sereinement la fin de notre monde décadent. C’est notre faute. Ou bien celle des vilains chinois, des entreprises mécréantes, des lobbies impies, des pétroliers impurs (abreuvent nos sillons) et des sorciers climatosceptiques. Toujours l’humaine condition. Que de grandes manifestations de foi, tels que les réunions internationales, les semaines et autres journées du développement durable, ou bien des homélies télévisées et cinématographiques, se font force de modifier par des messages aussi sombres qu’infantilisants. Qu’est-ce qui a vraiment changé depuis mille ans ?

… et l’attitude de l’élite

Car cette eschatologie sans cesse recommencée entraîne les réfractaires dans une course vers une église hérétique, le scientisme forcené (où l’on trouve les apôtres de la géoingéniérie, qui depuis la nuit des temps pratiquent la danse de la pluie), et, chez l’élite, vers le refuge du déni. Ce qui importe est que l’Ordre ne soit pas rompu. Il est toujours aussi masculin et laïc. La Religion, les médias, les ONG ou la Science ne sont que des prestataires d’événementiels. L’histoire de la fin des civilisations démontre sans ambiguïté que les sociétés mortes d’un stress climatiques l’ont été non à cause de celui-ci, mais parce qu’elles n’ont rien changé, ou trop tard, à leurs habitudes. In fine, à leur façon d’exercer leur pouvoir, à extraire et distribuer les richesses. Les civilisations meurent de leur fragilité, laquelle se cache dans leurs inégalités sociales. Les colères du temps ne font que déborder les colères des peuples.

Un voyage littéraire et artistique

Cette continuité historique, parce que culturelle, nous l’avons donc exploré par le texte et l’image. Des chapitres thématiques ou chronologiques, entrecoupés et enrichis de (re) lecture de textes et d’images emblématiques. Le climat se cache partout, il inspire l’humanité depuis toujours. L’iconographie, effectivement assez exceptionnelle comme l’indique la quatrième de couverture, est le fruit du travail de Farid. On peut difficilement trouver meilleur iconographe dans ce pays ! Le choix des textes littéraires est dans l’ensemble de mon fait. Quant à mon inspiration, je l’ai trouvée chez un de mes maîtres, Emmanuel Le Roy Ladurie, l’inventeur de l’histoire du climat.

192 pages, livre illustré, Buchet-Chastel, sorti le 16 octobre 2014. Co-écrit avec Farid Abdelouahab. Préface d’Emmanuel Le Roy Ladurie.